Ce parc est assez petit (145km2). Il a été créé en 1928. Il protège un vaste amphithéâtre contenant au centre une vallée boisée et dont les bords sont constitués de falaises et de hoodoos.
Un peu de géologie...
...mais si, encore un peu.
Les roches qui constituent l'amphithéâtre sont d'origine sédimentaire : elles appartiennent à la formation Claron (65 millions d'années). Lors de la formation de ces roches, la terre connaissait une période de cataclysmes (extinction des dinosaures). Le sol était alors le fond d'un lac très froid dans lequel les rivières chargées de manganèse (violet et rose) et de fer (jaune et rouge) déversèrent leurs sédiments, qui précipitèrent avec le carbonate de calcium ambiant pour former la multicolore formation Claron.
Il y a 10-15 millions d'années, lors
du soulèvement du plateau du Colorado, de nombreuses failles
apparurent, créant comme un damier de plateaux (par exemple
le plateau Kaibab dans lequel est creusé le grand canyon).
L'amphithéâtre de Bryce se situe sur le côté
est du plateau Paunsaugunt, Bryce canyon étant la faille
qui sépare le plateau Paunsaugunt du plateau Aquarius qui
lui fait face (le plus haut des plateaux !). Les bords étaient
couverts de mini fractures verticales (amplifiées par l'activité
sismique de la région)
Les conditions météorologiques très difficiles
(gel, pluies, vent…) ont érodés les bords
du canyon qui par suites d'effondrements ont pris cette forme
d'amphithéâtre hérissé de colonnes
fines de roches dans un dégradé de rouge à
blanc. Pourtant Bryce Canyon ne reçoit que 45cm de pluies
par an. Mais, en hiver, l'après midi l'eau fond et s'infiltre
dans les failles. La nuit, avec le gel elle augmente de volume
et fait exploser les rochers. De plus les pluies sont naturellement
acides et dissolvent lentement le calcaire qui constitue le sol
sur les bords des rochers.
Concrètement, des torrents d'orages créent des rigoles, de plus en plus profondes (A). Ces rigoles en se creusant font naître des ailerons rocheux (B). Quand ils deviennent très fins, l'érosion les perce de trous (ou de fenêtres) (C) dont les plafonds finissent par s'effondrer formant des colonnes ou des aiguilles (appelées hoodoos). Quand elles même s'effondreront, elles formeront des dunes de sable ocres.
Ce phénomène peut se produire partout (il y a des hoodoos sur le plateau du Larzac) mais le résultat obtenu à Bryce Canyon est unique de part leur nombre et leur couleur.
Bryce Canyon
Une excursion à cheval est réservée au Lodge pour 9h. Nous profitons d'un réveil matinal pour nous rendre à Sunrise Point avant. Il fait beau, le paysage est magnifique.
L'organisation de l'excursion est à l'américaine. On fait la queue une demi-heure à un guichet où l'employé prend tout son temps. En fait ils effectuent des départs sans discontinuer toutes les dix minutes. Une soixantaine de personne est convoquée à 9h pour tous les départs entre 9 et 10h. Nous partirons vers 9h40 sur des chevaux que nous avons demandés plus tire-au-flanc que fougueux. On se rend à Sunrise Point d'où part le trajet équestre dans l'amphithéâtre (il n'y en a qu'un autorisé !). La descente est assez vertigineuse. On serpente au milieu des hoodoos. Nous passons derrière " la sentinelle " pour nous rendre dans la partie centrale de l'amphithéâtre (difficilement accessible à pied sinon). Pour cela on traverse des dunes de sables pour parvenir à la zone boisée qui entoure le lit de la rivière. Elle est à sec car c'est un torrent d'orage et de fonte des neiges. Le sol étant riche en minerai, son magnétisme attire la foudre qui s'abat régulièrement sur les pins qui poussent bonant malant sur ce sol peu fertile. Le temps passe trop vite dans ce paysage grandiose (surtout quand c'est le cheval qui vous porte) et il est déjà temps de prendre le chemin du retour. Il se fait par un étroit canyon assez pentu qui nous donne l'impression d'être de grands cow-boys. La traditionnelle photo souvenir immortalise ce grand moment. On retraverse des dunes puis des hoodoos avant de remonter (quels chevaux courageux !) à Sunrise Point.
Comme il est presque 13h, nous reposons nos fessiers endoloris au Lodge, le temps du déjeuner. Fatigués de payer des buffets où rien n'est vraiment bon, nous commandons à la carte des sandwichs (et en plus c'est moins cher !). Comme c'est la journée des expériences, nous tentons le sandwich choucroute fromage bacon (c'est pas aussi mauvais qu'on pourrait le craindre et c'est un goût unique).
C'est parti pour une randonnée dans la forêt de
hoodoos. Nous suivons le Queens Garden Trail qui plonge depuis
Sunrise point dans l'amphithéâtre. Vu de prés
la roche semble très effritée mais au toucher elle
est solide. On chemine ainsi entre les colonnes de pierre.
Une brève averse mais assez dense nous rafraîchit. On arrive rapidement au pied de la sentinelle. Le soleil revient et le chemin se poursuit, tantôt sous une arche, tantôt entre les colonnes. C'est un vrai labyrinthe (heureusement bien balisé !). On arrive rapidement au jardin de la reine Victoria, dominé par la reine elle-même.
On rejoint alors le Navajo Loop Trail, plus ombragé qui traverse la partie centrale du canyon. On y croise un écureuil. Puis nous rejoignons Sunset Point par le défilé des Two Bridges. Deux arches naturelles enjambent un étroit canyon. La montée est plutôt raide et longue. Les randonneurs aux mollets fatigués, accablés de chaleur profitent de l'ombre de chaque pin Douglas.
Le panorama depuis Sunset Point nous fait oublier nos efforts. Nous surplombons Silent City. Le retour à Sunrise point se fait rapidement par le Rim Trail.
Nous nous rendons ensuite à Bryce point. De là on a une vue d'ensemble sur l'amphithéâtre. C'est de loin le point de vue le plus majestueux. Le sol y est plus calcaire donc plus blanc. L'érosion y creuse des grottes. Malheureusement le soleil se cache et la luminosité n'est pas très bonne. Qu'à cela ne tienne, nous reviendrons plus tard.
Bryce Canyon, partie Sud
Direction maintenant la partie sud du parc. La route est longue (15 miles) car il y a des travaux. J'avoue que j'ai dormi une bonne partie du trajet, qui a assez peu d'intérêt. Nous nous arrêtons au Natural Bridge le temps d'une photo. Cette arche naturelle mesure plus de 40m. Puis nous nous rendons au Rainbow Point d'où l'on voit les bords du Ponderosa Canyon plus boisé que Bryce et à Yovimpa Point à la vue plein sud sur le grand escalier et la No Mans Mesa. Entre les deux il est possible de cheminer dans une forêt de sapins mais quand on est vosgien…Cette partie sud nous a vraiment moins emballé que l'amphithéâtre de Bryce. Si vous avez peu de temps contentez vous de bien profiter de la partie nord.
Nous retournons à Bryce point où le soleil s'est levé. Quel enchantement !
Il est temps de partir pour arriver à Zion avant la nuit (une soixantaine de miles). De Bryce Canyon, on prend la 12 ouest puis la 89 sud puis la route du mont Carmel (9). C'est l'entrée ouest du parc de Zion. Ce canyon, creusé par la virgin river et très boisé, fut découvert par les mormons en 1860. De grandes falaises rouges et blanches dominent le canyon. Les mormons le baptisèrent Zion de Sion (la Jérusalem céleste). Le parc fut créé en 1909 pour protéger ces 593km2.
En route pour Zion
A partir de l'entrée Est la route est magnifique. On passe à côté de la Checkerboard Mesa, une dune de sable blanc pétrifiée, dot les dessins figés dans le sable évoquent un échiquier. Peu avant le deuxième tunnel, suivant les conseils judicieux du Neos, nous garons la voiture pour nous rendre au point de vue de Canyon Overlook (30mn AR). Le sentier débute juste derrière la cahute du garde du tunnel. Passé les premières marches, le chemin est plat et longe un étroit canyon creusé par la rivière Pine Creek. On arrive à un belvédère naturel situé en fait au dessus de " la grande arche " (donc on ne la voit pas), immense arche naturelle ornant la falaise du canyon de la rivière Pine Creek. De là on a une vue panoramique magnifique sur le sud du canyon de Zion. Malheureusement, le soir elle est à contre-jour donc on n'a pas de photos.
On reprend ensuite la route. A la sortie du tunnel on aperçoit en se retournant la grande arche au sommet de laquelle nous étions quelques instants plus tôt.
Nous arrivons à Springdale, au Pioneer Lodge. Les chambres sont plus petites qu'ailleurs mais tout aussi confortable. Comme il est déjà tard (19h) nous allons immédiatement dîner. Au restaurant la carte propose en plus des habituels cheeseburger-frites et autres poulets frits des lasagnes. Ce fut un régal. Puis un plouf dans la piscine et le jacuzzi et au dodo.














































